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L'échange à la tribale, moins de consommation pour plus de relations
Partout et de tout temps, l'échange est une réponse à un besoin. Le besoin de bénéficier de services et produits variés pour assurer une existence comblée.
Dans les villages tribaux, chacun s'est plus ou moins spécialisé dans une production ou un service à offrir, si bien que le nom des clans tribaux réfère souvent à cette spécialisation.
Dès lors, comme ailleurs, l'échange y est une nécessité.
Au sein des villages tribaux, il existe deux systèmes d'échange que Telluris a étudié. Dans les deux cas, nous avons observé certains aspects de l'échange qui n'existent pas ou peu dans le système économique moderne.
D'abord, le vendeur est le producteur, et il échange directement avec l'acheteur, qui est aussi le consommateur. Il n'y a pas d'intermédiaires. Dès lors, tout le monde se rencontre. Un villageois tribal se rendant sur un marché local est heureux d'y aller car, ce faisant, il participe à un événement où l'on crée et maintient les relations sociales. Ces relations sont toujours très chaleureuses, chacun s'y sent bien et elles permettent à la communauté de développer son identité tribale dans une entente sociale détendue.
Ensuite, les transactions les plus importantes sont toujours réalisées face à de nombreux autres villageois, de sorte que chacun dans l'échange est socialement responsabilisé et protégé.
De plus, comme les échanges ne sont pas compétitifs, et que les villageois entretiennent des rapports quotidiens avec la Nature, l'utilisation des ressources naturelles est une une démarche respectueuse.
L'échange en milieu tribal est un très bel aspect de leur culture. Il est organisé de sorte que à ce que chacun puisse avoir ce dont il a besoin, tout en harmonisant les rapports sociaux et en facilitant, ce que nous appelerions, une gestion durables des ressources naturelles.
Une alternative à l'échange économique moderne ?
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Telluris a très vite compris qu'il serait une erreur monumentale de forcer l'introduction des mécanismes modernes de l'échange dans les villages. Pourtant, avec la disparition de la forêt, les tribus sont aujourd'hui incapables de survivre sans effectuer d'échange avec l'extérieur.
Tout naturellement, en analysant la vie de village et en restant à l'écoute des villageois, deux stratégies se sont mises en place. |
L'échange éthique et relationnel
Régulièrement, lorsqu'il s'agit de mettre en place des projets particuliers ou d'effectuer un travail social, les villageois se tournent vers Telluris pour obtenir notre soutien financier. Nous devons régulièrement décliner les demandes sans quoi nous établierions une dépendance des villageois envers Telluris, ce qui n'est bien sûr pas souhaitable en vue de promouvoir un processus de développement durable et "auto-soutenu".
Dès lors les villageois sont face à leur responsabilité. Avec le peu de moyens financiers qu'ils peuvent mobiliser, il est pratiquement impossible d'organiser des activités ou des projets. C'est pour cette raison que peu à peu, les villageois se sont tournés vers leur système d'échange traditionnel.
Une poignée de riz chacun, et nous avons de quoi compenser la personne qui s'occupe de la pépinière. Venir en groupe pour travailler dans le champs d'un villageois compense à merveille le temps passé par cette personne à participer et organiser les réunions de villages, etc.
Les activités sociales ont lieu, les projets se mettent en place, les ressources sont mobilisées, mais il n'est finallement pas nécessaire de faire intervenir l'argent dans ces processus.
Chacun est heureux de contribuer au programme, cela resserre les liens sociaux et renforce l'idée que la communauté peut s'en sortir, si on s'y met tous ensemble, et en utilisant judicieusement les ressources naturelles.
Les villageois nous offrent le CQFD de notre concept de l'échange éthique et relationnel. C'est la première stratégie d'échange promue par Telluris.
Cliquer ici pour plus de détail sur le projet d'échange intra-communautaire.
Coopérative tribale
La deuxième stratégie d'échange a fait suite à une demande des villageois.
En village, la première source de revenu financier réside dans la commercialisation de produits forestiers mineurs (tout sauf le bois) sur les marchés locaux. Mais, ignorant les mécanismes de marché et considérant l'échange dans une toute autre perspective, les villageois se font tout simplement exploiter.
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"Certains produits de la forêt ont une valeur marchande. Les villageois les collectent, les transportent et les vendent à des businessmen sur les marchés locaux. Un prix dérisoire est fixé par les businessmen. Les villageois, ne connaissant pas la négociation, n'ont d'autres choix que de laisser leur marchandise pour quelques roupies... Le même produit est vendu le lendemain sur les marchés urbains à jusqu'à 20 fois le prix accordé aux villageois" |
A titre d'exemple, la graine du Karanj, dont on extrait une huile pour du bio-diesel, se vend sur les marchés locaux. Pour amener 1 kilo de karanj de la forêt au village, il faut au moins une heure de travail. Pour extraire un kilo de graines de leur enveloppe, il faut deux heures de travail à deux ou trois personnes. Puis il faut les transporter sur la tête jusqu'au marché le plus près, de une à quatre heures de marche. Une journée de travail. Le prix 2008 est de 8 roupies par kilo (0,13 euro).
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"Ce villageois de Bundu Mamaïl est venu apporter des mangues aux businessmen installés pour la journée sur le marché de Jaté. Il est considéré comme un animal. Les mangues passeront ensuite d'un businessmen à l'autre jusqu'au consommateur qui en toute insouciance mangera d'excellentes mangues des forêts du Jharkhand et cueillies par un villageois tribal." |
Conscient de l'inéquité de l'échange, les villageois ont demandé à Telluris de les aider à s'organiser pour une vente groupée vers des marchés plus intéressants que les businessmen locaux.
Telluris a accueilli favorablement la demande des villageois, car obtenir un meilleur bénéfice des produits forestiers motivera certainement
les villageois à reboiser et à entretenir leur forêt comme ils le faisaient avant. Cette démarche appuie incontestablement un retour vers une prospérité basée sur la forêt plutôt que sur l'agriculture de subsistance.
Des détails sur le projet ? Cliquez ici.
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