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Sans forêts, pas d'identité tribale !
C'est la première chose que les villageois tribaux nous ont exprimé dans leurs mots...
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"Notre forêt disparaît"
"On voudrait à nouveau se nourrir et se soigner grâce à la forêt"
"Nous n'avons jamais dû planter des arbres, comment allons-nous faire ?"
Malinta Bodra, Sangoy |
Pourquoi ?
Ce projet nous tient à coeur car nous savons que sans reforestation, aucun projet ne pourra avoir lieu sans venir en opposition avec la culture tribale, intimement inspirée des rapports des villageois à la forêt.
La forêt apporte presque tout ce dont les villageois ont besoin pour leur (sur)vie. Du bois, pour les constructions, le chauffage et la cuisson. Des fruits, des fleurs, des feuilles, des racines, des écorces, pour manger, comme remède médicinal,
pour fertiliser les sols, comme biopesticides, pour les travaux de vanneries, pour préparer des savons, des bougies, des assiettes, des jeux, protéger les champs du bétail, etc. Et puis, la forêt est un lieu de culte, un lieu où l'on s'y promène comme dans un salon parce les arbres, les animaux sont des personnes avec qui l'on peut communiquer. La forêt est l'endroit où errent les ancêtres, la forêt est gardienne du bon vivre du village... Et qu'aujourd'hui, la forêt a disparu.
Comment ?
Les villageois n'ont jamais planté d'arbres de leur vie ! Pourquoi le feraient-ils ? La Nature fait ça si bien. Jamais il n'a été nécessaire de replanter des arbres avant aujourd'hui...
Nous avons donc dû en faire un projet. Le projet de replanter. Il a commencé en Mai 2008. Les villageois, avec des experts de Telluris, ont mis en place une pépinière. On y travaille ensemble et une personne est désignée pour veiller quotidiennement sur les jeunes plants. Les nouvelles pousses sont redistribuées aux villageois qui sont, à leur tour en charge de la transplantation sur leurs terres ou en forêt, et de la protection des jeunes arbres pendant leurs premières années.
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"Les villageois tribaux vivaient en symbiose avec la forêt. Le colonialisme et la modernité ont brisé ce rapport à la nature. Voir les villageois replanter des arbres, c'est comme un signe que la conscience humaine se prépare à dépasser cette phase humano-centriste extrême."
Stephan Marchal, président de Telluris
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Pour les villageois, la reforestation est un sérieux défi. Telluris apporte son expertise, dès qu'un savoir technique est nécessaire.
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"Regénérer la forêt n'est pas facile. Nous avons sélectionné une trentaine d'espèces différentes. Chacune nécessite un soin et une attention particulière."
Jiren Soy Murum, Buru Sokoy |
La première saison de reforestation (2008) a relativement bien fonctionnée. Quelques 2000 arbres fruitiers et 500 plantes médicinales ont été transplantés en village. Mais nous aurions pu en avoir beaucoup plus. L'inexpérience des villageois (et la nôtre) a été à l'origine d'un faible rendement à la pépinière. Peu importe, on apprend, c'est l'essentiel !
| Bhengra et Bipin (Telluris India) donne des conseils à des villageois à propos de l'entretien de la pépinière. Les villageois devront tirer leçons de leurs erreurs. |
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Les jeunes arbres demandent un soin quotidien. Ici par exemple, les jeunes plants doivent être déplacés à l'ombre du fait d'un rayonnement solaire trop important. |
La saison 2009 sera meilleure que 2008. Des arbres seront plantés sur des etrrains communautaires et gérés en groupe. L'idée est de planter un maximum d'arbres utiles (surtout pour le bois) à proximité des villages, de sorte que dans le moyen et long terme, il ne soit plus nécessaire d'aller couper en forêt.
Cliquer ici pour voir la forêt de la région par photo satelitte ?
Voyagez vers le Nord de cette région pour découvrir le résultat final d'une déforestation en région tribale... Les seuls arbres qui subsistent sont ceux qui peuplent les villages tribaux.
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